Le malencontreux ambassadeur n'eut pas plus tôt tourné le coin de la rue, qu'il rencontra une patrouille.
Il s'arrêta de lui-même en songeant qu'il aurait l'air suspect en essayant de se dissimuler ou de forcer le passage.
— Eh! bonsoir, monsieur Chicot, lui dit le chef de la patrouille, en le saluant de l'épée, voulez-vous que nous vous reconduisions au palais? vous m'avez tout l'air d'être égaré et de chercher votre chemin.
— Ah ça! tout le monde me connaît donc ici? murmura Chicot. Pardieu! voilà qui est étrange.
Puis tout haut et de l'air le plus dégagé qu'il put prendre:
— Non, cornette, dit-il, vous vous trompez, je ne vais point au palais.
— Vous avez tort, monsieur Chicot, répondit gravement l'officier.
— Et pourquoi cela, monsieur?
— Parce qu'un édit très sévère défend aux habitants de Nérac de sortir la nuit, à moins d'urgente nécessité, sans permission et sans lanterne.
— Excusez-moi, monsieur, dit Chicot, mais l'édit ne peut me regarder, moi.