— Chicot, répliqua Henri, je retiens votre promesse, vous entendez! vous m'êtes cher et sacré, et après Henri de France vous aurez Henri de Navarre pour ami.
— Oui, sire, répondit simplement Chicot, en baisant avec respect la main du roi.
— Maintenant, vous voyez, mon ami, dit le roi, Cahors est à nous; M. de Vezin y fera tuer tout son monde; mais moi, plutôt que de reculer, j'y ferais tuer tout le mien.
La menace était inutile, et Henri n'avait pas besoin de s'obstiner plus longtemps. Ses troupes, conduites par M. de Turenne, venaient de faire main-basse sur la garnison; M. de Vezin était pris.
La ville était rendue.
Henri prit Chicot par la main et l'amena dans une maison toute brûlante et toute trouée de balles, qui lui servait de quartier général, et là il dicta une lettre à M. de Mornay, pour que Chicot la portât au roi de France.
Cette lettre était rédigée en mauvais latin et finissait par ces mots:
Quod mihi dixisti profuit multum. Cognosco meos devotos, nosce tuos. Chicotus caetera expediet.
Ce qui signifie à peu près:
« Ce que vous m'avez dit m'a été fort utile. Je connais mes fidèles, connaissez les vôtres. Chicot vous dira le reste. »