— Carbon, l'ennemi de Sylla, disait souvent:
« J'ai à combattre tout à la fois un lion et un renard qui habitent dans l'âme de Sylla; mais c'est le renard qui me donne la plus grande peine. »
— Ah! oui-dà, répondit Henri rêveur, c'était le renard!
— Plutarque le dit, sire.
— Et il a raison, fit le roi, il a raison, cardinal. Mais à propos de combat, avez-vous reçu des nouvelles de votre frère?
— Duquel, sire? Votre Majesté sait que j'en ai quatre.
— Du duc d'Arques, de mon ami, enfin.
— Pas encore, sire.
— Pourvu que M. le duc d'Anjou, qui, jusqu'ici, a si bien su faire le renard, sache maintenant faire un peu le lion! dit le roi.
Le cardinal ne répondit point; car, cette fois, Plutarque ne lui était d'aucun secours; il craignait, en adroit courtisan, de répondre désagréablement au roi en répondant agréablement pour le duc d'Anjou.