— En effet, madame… Comment la ménager, Grandchamp? la voilà.
La dame, qui était descendue du premier au rez-de-chaussée, comme elle était descendue déjà du second au premier, apparut à l'extrémité du corridor.
— Qui est là? demanda-t-elle; on dirait que c'est Grandchamp.
— Oui madame, c'est moi, répondit humblement et tristement le vieillard en découvrant sa tête blanchie.
— Grandchamp, toi! oh! mon Dieu! mes pressentiments ne m'avaient point trompée, mon père est mort!
— En effet, madame, répondit Grandchamp oubliant toutes les recommandations de Remy, en effet, Méridor n'a plus de maître.
Pâle, glacée, mais immobile et ferme, la dame supporta le coup sans fléchir.
Remy, la voyant si résignée et si sombre, alla à elle, et lui prit doucement la main.
— Comment est-il mort? demanda la dame, dites, mon ami.
— Madame, M. le baron, qui ne quittait plus son fauteuil, a été frappé, il y a huit jours, d'une troisième attaque d'apoplexie. Il a pu une dernière fois balbutier votre nom, puis, il a cessé de parler et dans la nuit il est mort.