— Madame!

— Remy, je te le répète, ce n'était pas une illusion, ce n'était pas un bourdonnement de mon délire: la blessure a parlé, elle a parlé, te dis-je, et je l'entends encore murmurer:

« Venge-moi, Diane, venge-moi. »

Le serviteur baissa la tête.

— C'est donc à moi et non pas à vous la vengeance, continua Diane; d'ailleurs, pour qui et par qui est-il mort? Pour moi et par moi.

— Je dois vous obéir, madame, répondit Remy, car j'étais aussi mort que lui. Qui m'a fait enlever du milieu des cadavres dont cette chambre était jonchée? vous. Qui m'a guéri de mes blessures? vous. Qui m'a caché? vous, vous, c'est-à-dire la moitié de l'âme de celui pour lequel j'étais mort si joyeusement; ordonnez donc, j'obéirai, pourvu que vous n'ordonniez pas que je vous quitte.

— Soit, Remy, suivez donc ma fortune; vous avez raison, rien ne doit plus nous séparer.

Remy montra le portrait.

— Maintenant, madame, dit-il avec énergie, il a été tué par trahison; c'est par trahison qu'il doit être vengé. Ah! vous ne savez pas une chose, vous avez raison, la main de Dieu est avec nous; vous ne savez pas que, cette nuit, j'ai trouvé le secret de l'aqua tofana, ce poison des Médicis, ce poison de René, le Florentin.

— Oh! dis-tu vrai?