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LES QUARANTE-CINQ TROISIÈME PARTIE

PAR ALEXANDRE DUMAS

XLIV

PRÉPARATIFS DE BATAILLE

Le camp du nouveau duc de Brabant était assis sur les deux rives de l'Escaut: l'armée, bien disciplinée, était cependant agitée d'un esprit d'agitation facile à comprendre.

[Illustration: Tu es un traître, et en traître tu mourras. — PAGE 19.]

En effet, beaucoup de calvinistes assistaient le duc d'Anjou, non point par sympathie pour le susdit duc, mais pour être aussi désagréables que possible à l'Espagne, et aux catholiques de France et d'Angleterre; ils se battaient donc plutôt par amour-propre que par conviction ou par dévoûment, et l'on sentait bien que la campagne une fois finie, ils abandonneraient le chef ou lui imposeraient des conditions.

D'ailleurs ces conditions, le duc d'Anjou laissait toujours croire qu'à l'heure venue, il irait au devant d'elles. Son mot favori était: « Henri de Navarre s'est bien fait catholique, pourquoi François de France ne se ferait-il pas huguenot? »