— Elle n'aime pas le duc d'Anjou.
— Bah! on aime toujours un prince du sang.
— Mais comment monseigneur le duc d'Anjou, s'il soupçonne ma maîtresse d'aimer M. le comte du Bouchage ou M. le duc de Joyeuse, a-t-il eu l'idée de l'enlever à celui qu'elle aime?
— Bonhomme, dit Aurilly, tu as des idées triviales, et nous aurons de la peine à nous entendre, à ce que je vois; aussi je ne discuterai pas; j'ai préféré la douceur à la violence, et maintenant, si tu me forces à changer de conduite, eh bien! soit, j'en changerai.
— Que ferez vous?
— Je te l'ai dit, j'ai plein pouvoir du prince. Je te tuerai dans quelque coin, et j'enlèverai la dame.
— Vous croyez à l'impunité?
— Je crois à tout ce que mon maître me dit de croire. Voyons, décideras- tu ta maîtresse à venir en France?
— J'y tâcherai; mais je ne puis répondre de rien.
— Et quand aurai-je la réponse?