Remy ne remarqua point ce changement sans inquiétude.

On arriva à une ville et l'on y coucha comme d'habitude.

Le lendemain, sous prétexte que la traite était longue, on partit avec le jour.

A midi, il fallut s'arrêter pour laisser reposer les chevaux.

A deux heures on se remit en route. On marcha encore jusqu'à quatre.

Une grande forêt se présentait dans le lointain: c'était celle de La Fère.

Elle avait cet aspect sombre et mystérieux de nos forêts du Nord; mais cet aspect si imposant pour les natures méridionales, à qui, avant toute chose, il faut la lumière du jour, et la chaleur du soleil, était impuissant sur Remy et sur Diane, habitués aux bois profonds de l'Anjou et de la Sologne.

Seulement ils échangèrent un regard comme s'ils eussent compris tous deux que c'était là que les attendait cet événement qui, depuis le moment du départ, planait sur leurs têtes.

On entra dans la forêt.

Il pouvait être six heures du soir.