Bonhomet s'élança hors du réduit.

Pendant ce temps, Chicot, qui n'avait probablement pas de temps à perdre, chauffait à la lampe la pointe d'un petit couteau, et coupait au milieu de la cire le scel de la lettre.

Après quoi, rien ne retenant plus la dépêche, Chicot la tira de son enveloppe et la lut avec de vives marques de satisfaction.

Comme il venait d'achever cette lecture, maître Bonhomet rentra avec l'huile, le vin, le papier et la plume.

Chicot arrangea la plume, l'encre et le papier devant lui, s'assit à la table, et tendit le dos à Bonhomet avec un flegme stoïque.

Bonhomet comprit la pantomime et commença les frictions.

Cependant, comme si, au lieu d'irriter une douloureuse blessure, on l'eût voluptueusement chatouillée, Chicot, pendant ce temps, copiait la lettre du duc de Guise à sa soeur, et faisait ses commentaires à chaque mot.

Cette lettre était ainsi conçue:

« Chère soeur, l'expédition d'Anvers a réussi pour tout le monde, mais a manqué pour nous; on vous dira que le duc d'Anjou est mort; n'en croyez rien, il vit.

Il vit, entendez-vous, là est toute la question.