En effet, Chicot n'était pas homme à s'endormir sur un fait qui lui paraissait de quelque importance, sans avoir palpé, retourné, disséqué ce fait avec la patience d'un anatomiste distingué; malgré lui, et c'était un privilège ou un défaut de son organisation, malgré lui toute forme incrustée en son cerveau se présentait à l'analyse par ses côtés saillants, de façon que les parois cérébrales du pauvre Chicot en étaient blessées, gercées et sollicitées à un examen immédiat.
Chicot, qui jusque-là avait été préoccupé de cette phrase de la lettre du duc de Guise:
« J'approuve entièrement votre plan à l'égard des Quarante-Cinq, » abandonna donc cette phrase dont il se promit de reprendre plus tard l'examen, pour couler à fond, séance tenante, la préoccupation nouvelle qui venait de prendre la place de l'ancienne préoccupation.
Chicot réfléchit qu'il était on ne peut plus étrange de voir Ernauton s'installer en maître dans cette maison mystérieuse dont les habitants avaient ainsi disparu tout à coup.
D'autant plus, qu'à ces habitants primitifs pouvait bien se rattacher pour
Chicot une phrase de la lettre du duc de Guise relative au duc d'Anjou.
C'était là un hasard digne de remarque, et Chicot avait pour habitude de croire aux hasards providentiels.
Il développait même à cet égard, lorsqu'on l'en sollicitait, des théories fort ingénieuses.
La base de ces théories était une idée qui, à notre avis, en valait bien une autre.
— Cette idée, la voici.
Le hasard est la réserve de Dieu.