— Impossible, monsieur.
— Montrez-moi seulement cette dame.
— Impossible, vous dis-je…. D'ailleurs, votre nom suffit pour vous ouvrir la porte de ma maison; mais pour parler à quelqu'un ici, excepté à moi, il faut un ordre écrit du roi.
— Voici cet ordre, madame, répondit Joyeuse en exhibant la lettre que
Henri lui avait signée.
La supérieure lut et s'inclina.
— Que la volonté de Sa Majesté soit faite, dit-elle, même quand elle contrarie la volonté de Dieu.
Et elle se dirigea vers la cour du couvent.
— Maintenant, madame, fit Joyeuse en l'arrêtant avec politesse, vous voyez que j'ai le droit; mais je crains l'abus et l'erreur; peut-être cette dame n'est-elle pas celle que je cherche, veuillez me dire comment elle est venue, pourquoi elle est venue, et de qui elle était accompagnée?
— Tout cela est inutile, monsieur le duc, répliqua la supérieure, vous ne faites pas erreur, et cette dame qui est arrivée ce matin seulement après s'être fait attendre quinze jours, cette dame que m'a recommandée une personne qui a toute autorité sur moi, est bien la personne à qui monsieur le duc de Joyeuse doit avoir besoin de parler.
A ces mots, la supérieure fit une nouvelle révérence au duc et disparut.