—Dans la rue, en face de vos fenêtres, dans l’embrasure de cette porte: un homme enveloppé dans un manteau.

—C’est lui! s’écrièrent à la fois d’Artagnan et le bourgeois, chacun d’eux, en même temps, ayant reconnu son homme.

—Ah! cette fois-ci, s’écria d’Artagnan en sautant sur son épée, cette fois-ci il ne m’échappera pas.

Et tirant son épée du fourreau, il se précipita hors de l’appartement.

Sur l’escalier il rencontra Athos et Porthos qui le venaient voir. Ils s’écartèrent, d’Artagnan passa entre eux comme un trait.

—Ah çà! où cours-tu ainsi? lui crièrent à la fois les deux mousquetaires.

—L’homme de Meung! répondit d’Artagnan, et il disparut.

D’Artagnan avait plus d’une fois raconté à ses amis son aventure avec l’inconnu, ainsi que l’apparition de la belle voyageuse à laquelle cet homme avait pu confier une si importante missive.

L’avis d’Athos avait été que d’Artagnan avait perdu sa lettre dans la bagarre. Un gentilhomme, selon lui, et au portrait que d’Artagnan avait fait de l’inconnu ce ne pouvait être qu’un gentilhomme, un gentilhomme devait être incapable de cette bassesse, de voler une lettre.

Porthos n’avait vu dans tout cela qu’un rendez-vous amoureux donné par une dame à un cavalier ou par un cavalier à une dame, et qu’était venue troubler la présence de d’Artagnan et de son cheval jaune.