—Porthos, dit Aramis, Athos t’a déjà prévenu que tu étais un niais, et je me range de son avis. D’Artagnan, tu es un grand homme, et quand tu seras à la place de M. de Tréville, je te demande ta protection pour me faire avoir une abbaye.

—Ah çà! je m’y perds, dit Porthos, vous approuvez ce que d’Artagnan vient de faire?

—Je le crois parbleu bien, dit Athos; non seulement j’approuve ce qu’il vient de faire, mais encore je l’en félicite.

—Et maintenant, messieurs, dit d’Artagnan sans se donner la peine d’expliquer sa conduite à Porthos, tous pour un, un pour tous, c’est notre devise, n’est-ce pas?

Vaincu par l’exemple, maugréant tout bas, Porthos étendit la main, et les quatre amis répétèrent d’une seule voix la formule dictée par d’Artagnan:

—Tous pour un, un pour tous.

—C’est bien, que chacun se retire maintenant chez soi, dit d’Artagnan comme s’il n’avait fait autre chose que de commander toute sa vie, et attention, car, à partir de ce moment, vous voilà aux prises avec le cardinal.

X
UNE SOURICIÈRE AU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE