—Quatre l’ont emmené je ne sais où, à la Bastille ou au For-l’Évêque, deux sont restés avec les hommes noirs, qui ont fouillé partout et qui ont pris tous les papiers. Enfin les deux derniers, pendant cette expédition, montaient la garde à la porte; puis, quand tout a été fini, ils sont partis, laissant la maison vide et tout ouvert.
—Et Porthos et Aramis?
—Je ne les avais pas trouvés, ils ne sont pas venus.
—Mais ils peuvent venir d’un moment à l’autre, car tu leur as fait dire que je les attendais?
—Oui, monsieur.
—Eh bien, ne bouge pas d’ici; s’ils viennent, préviens-les de ce qui m’est arrivé, qu’ils m’attendent au cabaret de la Pomme-de-Pin; ici, il y aurait danger, la maison peut être espionnée. Je cours chez M. de Tréville pour lui annoncer tout cela, et je les y rejoins.
—C’est bien, monsieur, dit Planchet.
—Mais tu resteras, tu n’auras pas peur! dit d’Artagnan en revenant sur ses pas pour recommander le courage à son laquais.
—Soyez tranquille, monsieur, dit Planchet, vous ne me connaissez pas encore; je suis brave quand je m’y mets, allez; c’est le tout de m’y mettre; d’ailleurs je suis Picard.
—Alors, c’est convenu, dit d’Artagnan, tu te fais tuer plutôt que de quitter ton poste.