—Et maintenant, dit-il, il me reste à faire la perquisition principale.
—Laquelle? demanda la reine, qui ne comprenait pas ou plutôt qui ne voulait pas comprendre.
—Sa Majesté est certaine qu’une lettre a été écrite par vous dans la journée; elle sait qu’elle n’a pas encore été envoyée à son adresse. Cette lettre ne se trouve ni dans votre table ni dans votre secrétaire, et cependant cette lettre est quelque part.
—Oseriez-vous porter la main sur votre reine? dit Anne d’Autriche en se dressant de toute sa hauteur et en fixant sur le chancelier ses yeux, dont l’expression était devenue presque menaçante.
—Je suis un fidèle sujet du roi, madame; et tout ce que Sa Majesté ordonnera, je le ferai.
—Eh bien, c’est vrai! dit Anne d’Autriche, et les espions de M. le cardinal l’ont bien servi. J’ai écrit aujourd’hui une lettre, cette lettre n’est point partie. La lettre est là.
Et la reine ramena sa belle main à son corsage.
—Alors donnez-moi cette lettre, madame, dit le chancelier.
—Je ne la donnerai qu’au roi, monsieur, dit Anne.
—Si le roi eût voulu que cette lettre lui fût remise, madame, il vous l’eût demandée lui-même. Mais, je vous le répète, c’est moi qu’il a chargé de vous la réclamer, et, si vous ne la rendiez pas...