Le duc était à la chasse à Windsor, avec le roi.

D’Artagnan demanda le valet de chambre de confiance du duc, qui, l’ayant accompagné dans tous ses voyages, parlait parfaitement français, et lui dit qu’il arrivait de Paris pour affaire de vie et de mort et qu’il fallait qu’il parlât à son maître à l’instant même.

La confiance avec laquelle parlait d’Artagnan convainquit Patrice, c’était le nom de ce ministre du ministre. Il fit seller deux chevaux et se chargea de conduire le jeune garde. Quant à Planchet, on l’avait descendu de sa monture, raide comme un jonc: le pauvre garçon était au bout de ses forces; d’Artagnan semblait de fer.

On arriva au château, là on se renseigna; le roi et Buckingham chassaient à l’oiseau dans des marais situés à deux ou trois lieues de là.

En vingt minutes on fut au lieu indiqué. Bientôt Patrice entendit la voix de son maître qui appelait son faucon.

—Qui faut-il que j’annonce à milord duc? demanda Patrice.

—Le jeune homme qui un soir lui a cherché une querelle sur le Pont-Neuf, en face de la Samaritaine.

—Singulière recommandation!

—Vous verrez qu’elle en vaut bien une autre.

Patrice mit son cheval au galop, atteignit le duc et lui annonça dans les termes que nous avons dits qu’un messager l’attendait.