—Hôtel des Gardes, compagnie des Essarts.
—Bien, répondit l’hôtelier.
—Quelle route faut-il prendre? demanda à son tour d’Artagnan.
—Celle de Rouen; mais vous laisserez la ville à votre droite. Au petit village d’Écouis, vous vous arrêterez, il n’y a qu’une auberge, l’Écu de France. Ne la jugez pas d’après son apparence; elle aura dans ses écuries un cheval qui vaudra celui-ci.
—Même mot d’ordre?
—Exactement.
—Adieu, maître.
—Bon voyage, gentilhomme! avez-vous besoin de quelque chose?
D’Artagnan fit signe de la tête que non et repartit à fond de train. A Écouis la même scène se répéta: il trouva un hôte aussi prévenant, un cheval frais et reposé; il laissa son adresse comme il l’avait fait et repartit du même train pour Pontoise. A Pontoise, il changea une dernière fois de monture, et à neuf heures il entrait au grand galop dans la cour de l’hôtel de M. de Tréville.
Il avait fait près de soixante lieues en douze heures.