—Il regrette le diable! Ah! mon jeune ami, reprit le curé en gémissant, ne regrettez pas le diable, c’est moi qui vous en supplie.
D’Artagnan tournait à l’idiotie; il lui semblait être dans une maison de fous, et qu’il allait devenir fou comme ceux qu’il voyait. Seulement il était forcé de se taire, ne comprenant point la langue qui se parlait devant lui.
—Mais écoutez-moi donc, reprit Aramis avec une politesse sous laquelle commençait à percer un peu d’impatience; je ne dis pas que je regrette: non, je ne prononcerai jamais cette phrase, qui ne serait pas orthodoxe...
Le jésuite leva les bras au ciel, et le curé en fit autant.
—Non, mais convenez au moins qu’on a mauvaise grâce de n’offrir au Seigneur que ce dont on est parfaitement dégoûté. Ai-je raison, d’Artagnan?
—Je le crois pardieu bien! s’écria celui-ci.
Le curé et le jésuite firent un bond sur leur chaise.
—Voici mon point de départ, c’est un syllogisme: le monde ne manque pas d’attraits, je quitte le monde, donc je fais un sacrifice; or, l’Écriture dit positivement: Faites un sacrifice au Seigneur.
—Cela est vrai, dirent les antagonistes.
—Et puis, continua Aramis en se pinçant l’oreille pour la rendre rouge, comme il se secouait les mains pour les rendre blanches, et puis j’ai fait certain rondeau là-dessus que je communiquai à M. Voiture l’an passé, et duquel ce jeune homme m’a fait mille compliments.