—Hélas! soupira Bazin, je le sais, monsieur: tout est bouleversé dans le monde aujourd’hui.
Pendant ce temps, les deux jeunes gens et le pauvre laquais étaient descendus.
—Tiens-moi l’étrier, Bazin, dit Aramis.
Et Aramis s’élança en selle avec sa grâce et sa légèreté ordinaires; mais après quelques voltes et quelque courbettes du noble animal, son cavalier ressentit des douleurs tellement insupportables, qu’il pâlit et chancela. D’Artagnan, qui, dans la prévision de cet accident, ne l’avait pas perdu des yeux, s’élança vers lui, le retint dans ses bras et le conduisit à sa chambre.
—C’est bien, mon cher Aramis, soignez-vous, dit-il, j’irai seul à la recherche d’Athos.
—Vous êtes un homme d’airain, lui dit Aramis.
—Non: j’ai du bonheur, voilà tout; mais comment allez-vous vivre en m’attendant? plus de glose sur les doigts et les bénédictions, hein?
Aramis sourit.
—Je ferai des vers, dit-il.
—Oui, des vers parfumés à l’odeur du billet de la suivante de madame de Chevreuse. Enseignez donc la prosodie à Bazin, cela le consolera. Quant au cheval, montez-le tous les jours un peu, et cela vous habituera aux manœuvres.