—Voyez, répondit Athos en devenant presque livide, c’est ma grande histoire de la femme blonde, et, quand je raconte celle-là, c’est que je suis ivre mort.
—Oui, c’est cela, dit d’Artagnan, l’histoire de la femme blonde, grande et belle, aux yeux bleus.
—Oui, et pendue.
—Par son mari, qui était un seigneur de votre connaissance, continua d’Artagnan en regardant fixement Athos.
—Eh bien! voyez cependant comme on compromettrait un homme quand on ne sait plus ce que l’on dit, reprit Athos en haussant les épaules, comme s’il se fût pris lui-même en pitié. Décidément je ne veux plus me griser, d’Artagnan, c’est une trop mauvaise habitude.
D’Artagnan garda le silence.
Puis Athos, changeant tout à coup de conversation:
—A propos, dit-il, je vous remercie du cheval que vous m’avez amené.
—Est-il de votre goût? demanda d’Artagnan.
—Oui, mais ce n’était pas un cheval de fatigue.