—Combien en avez-vous donc? demanda d’Artagnan.

—Trois, répondit en souriant Aramis.

—Mon cher! dit Athos, vous êtes très certainement le poète le mieux monté de France et de Navarre.

—Écoutez, mon cher Aramis, vous ne saurez que faire de trois chevaux, n’est-ce pas? je ne comprends même pas que vous ayez acheté trois chevaux.

—Non, le troisième m’a été amené ce matin même par un domestique sans livrée qui n’a pas voulu me dire à qui il appartenait et qui m’a affirmé avoir reçu l’ordre de son maître...

—Ou de sa maîtresse, interrompit d’Artagnan.

—La chose n’y fait absolument rien, dit Aramis... et qui m’a affirmé, dis-je, avoir reçu l’ordre exprès de sa maîtresse de mettre ce cheval dans mon écurie sans me dire de quelle part il venait.

—Eh bien! en ce cas, faisons mieux, dit d’Artagnan; lequel des deux chevaux monterez-vous: celui que vous avez acheté, ou celui qu’on vous a donné?

—Celui que l’on m’a donné sans contredit; vous comprenez bien, mon cher d’Artagnan, que je ne saurais faire une pareille injure...

—Au donateur inconnu, reprit d’Artagnan.