—Quant à l’homme sûr, je l’ai sous la main, Monseigneur, dit M. des Essarts en montrant d’Artagnan; et quant aux quatre ou cinq volontaires. Monseigneur n’a qu’à faire connaître ses intentions, et les hommes ne lui manqueront pas.

—Quatre hommes de bonne volonté pour venir se faire tuer avec moi! dit d’Artagnan en levant son épée.

Deux de ses camarades aux gardes s’élancèrent aussitôt, et deux soldats s’étant joints à eux, il se trouva que le nombre demandé était suffisant; d’Artagnan refusa donc tous les autres, ne voulant pas faire de passe-droit à ceux qui avaient la priorité.

On ignorait si, après la prise du bastion, les Rochelais l’avaient évacué ou s’ils y avaient laissé garnison; il fallait donc examiner le lieu indiqué d’assez près pour vérifier la chose.

D’Artagnan partit avec ses quatre compagnons et suivit la tranchée: les deux gardes marchaient an même rang que lui et les soldats venaient par derrière.

Ils arrivèrent ainsi, en se couvrant des revêtements, jusqu’à une centaine de pas du bastion. Là d’Artagnan, en se retournant, s’aperçut que les deux soldats avaient disparu.

Il crut qu’ayant eu peur ils étaient restés en arrière et continua d’avancer.

Au détour de la contrescarpe, ils se trouvèrent à soixante pas à peu près du bastion.