Pendant ce temps, d’Artagnan s’était jeté sur le second soldat, l’attaquant avec son épée; la lutte ne fut pas longue, ce misérable n’avait pour se défendre que son arquebuse déchargée; l’épée du garde glissa contre le canon de l’arme devenue inutile et alla traverser la cuisse de l’assassin, qui tomba, D’Artagnan lui mit aussitôt la pointe du fer sur la gorge.

—Oh! ne me tuez pas! s’écria le bandit; grâce, grâce, mon officier! et je vous dirai tout.

—Ton secret vaut-il la peine que je te garde la vie, au moins? demanda le jeune homme en retenant son bras.

—Oui; si vous estimez que l’existence soit quelque chose quand on a vingt-deux ans comme vous et qu’on peut arriver à tout, étant beau et brave comme vous l’êtes.

—Misérable! dit d’Artagnan, voyons, parle vite, qui t’a chargé de m’assassiner?

—Une femme que je ne connais pas, mais qu’on appelait milady.

—Mais si tu ne connais pas cette femme, comment sais-tu son nom?

—Mon camarade la connaissait et l’appelait ainsi, c’est à lui qu’elle a eu affaire et non pas à moi; il a même dans sa poche une lettre de cette personne qui doit avoir pour vous une grande importance, à ce que je lui ai entendu dire.