En conséquence, après avoir voyagé toute la nuit, à sept heures du matin elle était au fort de la Pointe, à huit heures elle était embarquée, et à neuf heures le bâtiment, qui, avec des lettres de marque du cardinal, était censé être en partance pour Bayonne, levait l’ancre et faisait voile pour l’Angleterre.

XVI
LE BASTION SAINT-GERVAIS

En arrivant chez ses trois amis, d’Artagnan les trouva réunis dans la même chambre: Athos réfléchissait, Porthos frisait sa moustache, Aramis disait ses prières dans un charmant petit livre d’heures relié en velours bleu.

—Pardieu, messieurs! dit-il, j’espère que ce que vous avez à me dire en vaut la peine, sans cela je vous préviens que je ne vous pardonne pas de m’avoir fait venir, au lieu de me laisser reposer après une nuit passée à prendre et à démanteler un bastion. Ah! que n’étiez-vous là, messieurs! il a fait chaud!

—Nous étions ailleurs, où il ne faisait pas froid non plus! répondit Porthos tout en faisant prendre à sa moustache un pli qui lui était particulier.

—Chut! dit Athos.

—Oh! oh! fit d’Artagnan comprenant le léger froncement de sourcils du mousquetaire, il paraît qu’il y a du nouveau ici.

—Aramis, dit Athos, vous avez été déjeuner avant-hier à l’auberge du Parpaillot, je crois?

—Oui.

—Comment est-on là?