—Et vous faites bien. Maniez le mousquet et l’épée, mon cher, vous vous tirez galamment des deux exercices; mais passez la plume à M. l’abbé, cela le regarde.
—Ah! oui, au fait, dit Porthos, passez la plume à Aramis, qui écrit des thèses en latin, lui.
—Eh bien! soit, dit d’Artagnan, rédigez-nous cette note, Aramis; mais, de par notre saint-père le pape! tenez-vous serré, car je vous épluche à mon tour, je vous en préviens.
—Je ne demande pas mieux, dit Aramis avec cette naïve confiance que tout poète a en lui-même; mais qu’on me mette au courant: j’ai bien ouï-dire, de-ci de-là, que cette belle-sœur était une coquine; j’en ai même acquis la preuve en écoutant sa conversation avec le cardinal...
—Plus bas donc, sacrebleu! dit Athos.
—Mais, continua Aramis, le détail m’échappe.
—Et à moi aussi, dit Porthos.
D’Artagnan et Athos se regardèrent quelque temps en silence. Enfin Athos, après s’être recueilli, et en devenant plus pâle encore qu’il n’était de coutume, fit un signe d’adhésion, d’Artagnan comprit qu’il pouvait parler.
—Eh bien! voilà ce qu’il y a à dire, reprit d’Artagnan: «Milord, votre belle-sœur est une scélérate, qui a voulu vous faire tuer pour hériter de vous. Mais elle ne pouvait épouser votre frère, étant déjà mariée en France, et ayant été...»
D’Artagnan s’arrêta comme s’il cherchait le mot, en regardant Athos.