—Qu’est-ce que cela feut dire, cette baufre Migeon? demanda le Suisse, qui était en train de causer avec les quatre amis quand la lettre était arrivée.

—Oh, mon Dieu! moins que rien, dit Aramis, une petite lingère charmante que j’aimais fort et à qui j’ai demandé quelques lignes de sa main en manière de souvenir.

—Dutieu! dit le Suisse; si zella il être auzi grante tame que son l’égridure, fous l’être en ponne fordune, mon gamarate!

Aramis prit la lettre et la passa à Athos.

—Voyez donc ce qu’elle écrit, Athos, dit-il.

Athos jeta un coup d’œil sur l’épître, et, pour faire évanouir tous les soupçons qui auraient pu naître, lut tout haut:

«Mon cousin, ma sœur et moi devinons très bien les rêves, et nous en avons même une peur affreuse; mais du vôtre, on pourra dire, je l’espère, tout songe est mensonge. Adieu! portez-vous bien, et faites que de temps en temps nous entendions parler de vous.

»AGLAÉ MICHON.»

—Et de quel rêve parle-t-elle? demanda le dragon, qui s’était approché pendant la lecture.

—Foui, te quel rêve? dit le Suisse.