»—Prenez garde! lui dis-je, car ma liberté c’est votre déshonneur.

»—Expliquez-vous, ma belle sibylle.

»—Oui, car à peine sortie d’ici, je dirai tout, je dirai la violence dont vous avez usé envers moi, je dirai ma captivité. Je dénoncerai ce palais d’infamie; vous êtes bien haut placé, milord, mais tremblez! Au-dessus de vous il y a le roi, au-dessus du roi il y a Dieu.

»Si maître qu’il parût de lui, mon persécuteur laissa échapper un mouvement de colère. Je ne pouvais voir l’expression de son visage, mais j’avais senti frémir son bras sur lequel était posée ma main.

»—Alors, vous ne sortirez pas d’ici! dit-il.

»—Bien, bien! m’écriai-je, alors le lieu de mon supplice sera aussi celui de mon tombeau. Bien! je mourrai ici, et vous verrez si un fantôme qui accuse, n’est pas plus terrible encore qu’un vivant qui menace?

»—On ne vous laissera aucune arme.

»—Il y en a une que le désespoir a mise à la portée de toute créature qui a le courage de s’en servir. Je me laisserai mourir de faim.