Felton était puritain: il quitta la main de cette femme pour baiser ses pieds.

Il faisait plus que de l’aimer, il l’adorait.

Quand cette crise fut passée, quand milady parut avoir repris son sang-froid, qu’elle n’avait pas perdu un seul instant; lorsque Felton eut vu se refermer sous le voile de la chasteté ces trésors d’amour qu’on ne lui cachait si bien que pour les lui faire désirer plus ardemment:

—Ah maintenant, dit-il, je n’ai plus qu’une chose à vous demander, c’est le nom de votre véritable bourreau, car pour moi il n’y en a qu’un; l’autre était l’instrument, voilà tout.

—Eh quoi, frère! s’écria milady, faut-il encore que je te le nomme, et tu ne l’as pas deviné?

—Quoi! reprit Felton, lui!... encore lui!... toujours lui!... Quoi! le vrai coupable...

—Le vrai coupable, dit milady, c’est le ravageur de l’Angleterre et le persécuteur des vrais croyants, le lâche ravisseur de l’honneur de tant de femmes, celui qui pour un caprice de son cœur corrompu va faire verser tant de sang à l’Angleterre, qui protège les protestants aujourd’hui et qui les trahira demain...

—Buckingham! c’est donc Buckingham! s’écria Felton exaspéré.