—Les voilà, mon Dieu!
—Silence!
Tous deux restèrent suspendus, immobiles et sans souffle, à vingt pieds du sol; pendant ce temps les soldats passaient au-dessous d’eux, riant et causant.
La patrouille poursuivit sa route; on entendit s’assourdir le bruit des pas qui s’éloignaient, et le murmure des voix qui allait s’affaiblissant.
—Maintenant, dit Felton, nous sommes sauvés.
Milady poussa un soupir et s’évanouit, Felton continua de descendre. Parvenu au bas de l’échelle, et lorsqu’il ne sentit plus d’appui pour ses pieds, il se cramponna avec ses mains; enfin, arrivé au dernier échelon, il se laissa pendre à la force des poignets et toucha la terre. Il se baissa, ramassa le sac d’or et le prit entre ses dents.
Puis il souleva milady dans ses bras, et s’éloigna vivement du côté opposé à celui qu’avait pris la patrouille. Bientôt il quitta le chemin de ronde, descendit à travers les rochers, et, arrivé au bord de la mer, fit entendre un coup de sifflet.
Un signal pareil lui répondit, et, cinq minutes après, il vit apparaître une barque montée par quatre hommes.
La barque s’approcha aussi près qu’elle put du rivage, mais il n’y avait pas assez de fond pour qu’elle pût toucher le bord; Felton se mit à l’eau jusqu’à la ceinture, ne voulant confier à personne son précieux fardeau. Heureusement la tempête commençait à se calmer, et cependant la mer était encore violente; la petite barque bondissait sur les vagues comme une coquille de noix.