Rochefort passait au galop.
—Adieu, frère, s’écria milady.
Le chevalier leva la tête, vit les deux jeunes femmes, et, tout courant, fit à milady un signe amical de la main.
—Ce bon Georges! dit-elle en refermant la fenêtre avec une expression de visage pleine d’affection et de mélancolie.
Et elle revint s’asseoir à sa place, comme si elle eût été plongée dans des réflexions toutes personnelles.
—Chère dame! dit madame Bonacieux, pardon de vous interrompre! mais que me conseillez-vous de faire? mon Dieu! Vous avez plus d’expérience que moi, parlez, je vous écoute.
—D’abord, dit milady, il se peut que je me trompe et que d’Artagnan et ses trois amis viennent véritablement à votre secours.
—Oh! ce serait trop beau! s’écria madame Bonacieux, et tant de bonheur n’est pas fait pour moi!
—Alors, vous comprenez; ce serait tout simplement une question de temps, une espèce de course à qui arrivera le premier. Si ce sont vos amis qui l’emportent en rapidité, vous êtes sauvée; si ce sont les satellites du cardinal, vous êtes perdue.
—Oh! oui, oui, perdue sans miséricorde! Que faire donc? Que faire?