—Faites-lui l’aumône, Bazin, et dites-lui de prier pour un pauvre pécheur.

—Ce mendiant veut à toute force vous parler, et prétend que vous serez bien aise de le voir.

—N’a-t-il rien dit de particulier pour moi?

—Si fait. «Si monsieur Aramis, a-t-il dit, hésite à me venir trouver, vous lui annoncerez que j’arrive de Tours.»

—De Tours? s’écria Aramis; messieurs, mille pardons, mais sans doute cet homme m’apporte des nouvelles que j’attendais.

Et se levant aussitôt, il s’éloigna rapidement.

Restèrent Athos et d’Artagnan.

—Je crois que ces gaillards-là ont trouvé leur affaire. Qu’en pensez-vous, d’Artagnan? dit Athos.

—Je sais que Porthos était en bon train, dit d’Artagnan; et quant à Aramis, à vrai dire, je n’en ai jamais été sérieusement inquiet: mais vous, mon cher Athos, vous qui avez si généreusement distribué les pistoles de l’Anglais qui étaient votre bien légitime, qu’allez-vous faire?

—Je suis fort content d’avoir tué ce drôle, vu que c’est pain bénit que de tuer un Anglais; mais si j’avais empoché ses pistoles, elles me pèseraient comme un remords.