— À la vôtre, monsieur d’Artagnan!
— Et par-dessus toutes celles-là, s’écria d’Artagnan comme emporté par son enthousiasme, à celle du roi et du cardinal.»
Le chef des sbires eût peut-être douté de la sincérité de d’Artagnan, si le vin eût été mauvais; mais le vin était bon, il fut convaincu.
«Mais quelle diable de vilenie avez-vous donc faite là? dit Porthos lorsque l’alguazil en chef eut rejoint ses compagnons, et que les quatre amis se retrouvèrent seuls. Fi donc! quatre mousquetaires laisser arrêter au milieu d’eux un malheureux qui crie à l’aide! Un gentilhomme trinquer avec un recors!
— Porthos, dit Aramis, Athos t’a déjà prévenu que tu étais un niais, et je me range de son avis. D’Artagnan, tu es un grand homme, et quand tu seras à la place de M. de Tréville, je te demande ta protection pour me faire avoir une abbaye.
— Ah çà, je m’y perds, dit Porthos, vous approuvez ce que d’Artagnan vient de faire?
— Je le crois parbleu bien, dit Athos; non seulement j’approuve ce qu’il vient de faire, mais encore je l’en félicite.
— Et maintenant, messieurs, dit d’Artagnan sans se donner la peine d’expliquer sa conduite à Porthos, tous pour un, un pour tous, c’est notre devise, n’est-ce pas?
— Cependant… dit Porthos.
— Étends la main et jure!» s’écrièrent à la fois Athos et Aramis.