— Et Porthos et Aramis?

— Je ne les avais pas trouvés, ils ne sont pas venus.

— Mais ils peuvent venir d’un moment à l’autre, car tu leur as fait dire que je les attendais?

— Oui, monsieur.

— Eh bien, ne bouge pas d’ici; s’ils viennent, préviens-les de ce qui m’est arrivé, qu’ils m’attendent au cabaret de la Pomme de Pin; ici il y aurait danger, la maison peut être espionnée. Je cours chez M. de Tréville pour lui annoncer tout cela, et je les y rejoins.

— C’est bien, monsieur, dit Planchet.

— Mais tu resteras, tu n’auras pas peur! dit d’Artagnan en revenant sur ses pas pour recommander le courage à son laquais.

— Soyez tranquille, monsieur, dit Planchet, vous ne me connaissez pas encore; je suis brave quand je m’y mets, allez; c’est le tout de m’y mettre; d’ailleurs je suis Picard.

— Alors, c’est convenu, dit d’Artagnan, tu te fais tuer plutôt que de quitter ton poste.

— Oui, monsieur, et il n’y a rien que je ne fasse pour prouver à monsieur que je lui suis attaché.»