— Non, monsieur, ce n’est point Aramis, et à votre exclamation je vois que vous m’avez pris pour un autre, et je vous pardonne.
— Vous me pardonnez! s’écria d’Artagnan.
— Oui, répondit l’inconnu. Laissez-moi donc passer, puisque ce n’est pas à moi que vous avez affaire.
— Vous avez raison, monsieur, dit d’Artagnan, ce n’est pas à vous que j’ai affaire, c’est à madame.
— À madame! vous ne la connaissez pas, dit l’étranger.
— Vous vous trompez, monsieur, je la connais.
— Ah! fit Mme Bonacieux d’un ton de reproche, ah monsieur! j’avais votre parole de militaire et votre foi de gentilhomme; j’espérais pouvoir compter dessus.
— Et moi, madame, dit d’Artagnan embarrassé, vous m’aviez promis…
— Prenez mon bras, madame, dit l’étranger, et continuons notre chemin.»
Cependant d’Artagnan, étourdi, atterré, anéanti par tout ce qui lui arrivait, restait debout et les bras croisés devant le mousquetaire et Mme Bonacieux.