— Le comte de Rochefort! mais c’est lui qui m’a enlevée!

— Cela se peut, madame.

— Et vous recevez de l’argent de cet homme?

— Ne m’avez-vous pas dit que cet enlèvement était tout politique?

— Oui; mais cet enlèvement avait pour but de me faire trahir ma maîtresse, de m’arracher par des tortures des aveux qui pussent compromettre l’honneur et peut-être la vie de mon auguste maîtresse.

— Madame, reprit Bonacieux, votre auguste maîtresse est une perfide Espagnole, et ce que le cardinal fait est bien fait.

— Monsieur, dit la jeune femme, je vous savais lâche, avare et imbécile, mais je ne vous savais pas infâme!

— Madame, dit Bonacieux, qui n’avait jamais vu sa femme en colère, et qui reculait devant le courroux conjugal; madame, que dites-vous donc?

— Je dis que vous êtes un misérable! continua Mme Bonacieux, qui vit qu’elle reprenait quelque influence sur son mari. Ah! vous faites de la politique, vous! et de la politique cardinaliste encore! Ah! vous vous vendez, corps et âme, au démon pour de l’argent.

— Non, mais au cardinal.