— Oui, monsieur, dit d’Artagnan, et vous me pardonnerez, je l’espère, de vous avoir dérangé, quand vous saurez de quelle chose importante il est question.

— Dites alors, je vous écoute.

— Il ne s’agit de rien de moins, dit d’Artagnan, en baissant la voix, que de l’honneur et peut-être de la vie de la reine.

— Que dites-vous là? demanda M. de Tréville en regardant tout autour de lui s’ils étaient bien seuls, et en ramenant son regard interrogateur sur d’Artagnan.

— Je dis, monsieur, que le hasard m’a rendu maître d’un secret…

— Que vous garderez, j’espère, jeune homme, sur votre vie.

— Mais que je dois vous confier, à vous, Monsieur, car vous seul pouvez m’aider dans la mission que je viens de recevoir de Sa Majesté.

— Ce secret est-il à vous?

— Non, monsieur, c’est celui de la reine.

— Êtes-vous autorisé par Sa Majesté à me le confier?