— Soyez tranquille. Adieu et bon voyage! À propos!» dit M. de Tréville en le rappelant.

D’Artagnan revint sur ses pas.

«Avez-vous de l’argent?»

D’Artagnan fit sonner le sac qu’il avait dans sa poche.

«Assez? demanda M. de Tréville.

— Trois cents pistoles.

— C’est bien, on va au bout du monde avec cela; allez donc.»

D’Artagnan salua M. de Tréville, qui lui tendit la main; d’Artagnan la lui serra avec un respect mêlé de reconnaissance. Depuis qu’il était arrivé à Paris, il n’avait eu qu’à se louer de cet excellent homme, qu’il avait toujours trouvé digne, loyal et grand.

Sa première visite fut pour Aramis; il n’était pas revenu chez son ami depuis la fameuse soirée où il avait suivi Mme Bonacieux. Il y a plus: à peine avait-il vu le jeune mousquetaire, et à chaque fois qu’il l’avait revu, il avait cru remarquer une profonde tristesse empreinte sur son visage.

Ce soir encore, Aramis veillait sombre et rêveur; d’Artagnan lui fit quelques questions sur cette mélancolie profonde; Aramis s’excusa sur un commentaire du dix-huitième chapitre de saint Augustin qu’il était forcé d’écrire en latin pour la semaine suivante, et qui le préoccupait beaucoup.