— Parce qu’elle a craint d’être arrêtée.
— Comment ne m’a-t-elle pas écrit?
— Parce qu’elle craint de vous compromettre.
— D’Artagnan, vous me rendez la vie! s’écria Aramis. Je me croyais méprisé, trahi. J’étais si heureux de la revoir! Je ne pouvais croire qu’elle risquât sa liberté pour moi, et cependant pour quelle cause serait-elle revenue à Paris?
— Pour la cause qui aujourd’hui nous fait aller en Angleterre.
— Et quelle est cette cause? demanda Aramis.
— Vous le saurez un jour, Aramis; mais, pour le moment, j’imiterai la retenue de la nièce du docteur.»
Aramis sourit, car il se rappelait le conte qu’il avait fait certain soir à ses amis.
«Eh bien, donc, puisqu’elle a quitté Paris et que vous en êtes sûr, d’Artagnan, rien ne m’y arrête plus, et je suis prêt à vous suivre. Vous dites que nous allons?…
— Chez Athos, pour le moment, et si vous voulez venir, je vous invite même à vous hâter, car nous avons déjà perdu beaucoup de temps. À propos, prévenez Bazin.