— Voilà ce que je ne puis vous dire, messieurs, et il faut vous fier à moi.
— Mais pour aller à Londres, ajouta Porthos, il faut de l’argent, et je n’en ai pas.
— Ni moi, dit Aramis.
— Ni moi, dit Athos.
— J’en ai, moi, reprit d’Artagnan en tirant son trésor de sa poche et en le posant sur la table. Il y a dans ce sac trois cents pistoles; prenons-en chacun soixante-quinze; c’est autant qu’il en faut pour aller à Londres et pour en revenir. D’ailleurs, soyez tranquilles, nous n’y arriverons pas tous, à Londres.
— Et pourquoi cela?
— Parce que, selon toute probabilité, il y en aura quelques-uns d’entre nous qui resteront en route.
— Mais est-ce donc une campagne que nous entreprenons?
— Et des plus dangereuses, je vous en avertis.
— Ah çà, mais, puisque nous risquons de nous faire tuer, dit Porthos, je voudrais bien savoir pourquoi, au moins?