Puis l’idée lui vint qu’il avait mal lu et que le rendez-vous était pour onze heures seulement.
Il s’approcha de la fenêtre, se plaça dans un rayon de lumière, tira sa lettre de sa poche et la relut; il ne s’était point trompé: le rendez-vous était bien pour dix heures.
Il alla reprendre son poste, commençant à être assez inquiet de ce silence et de cette solitude.
Onze heures sonnèrent.
D’Artagnan commença à craindre véritablement qu’il ne fût arrivé quelque chose à Mme Bonacieux.
Il frappa trois coups dans ses mains, signal ordinaire des amoureux; mais personne ne lui répondit: pas même l’écho.
Alors il pensa avec un certain dépit que peut-être la jeune femme s’était endormie en l’attendant.
Il s’approcha du mur et essaya d’y monter; mais le mur était nouvellement crépi, et d’Artagnan se retourna inutilement les ongles.
En ce moment il avisa les arbres, dont la lumière continuait d’argenter les feuilles, et comme l’un d’eux faisait saillie sur le chemin, il pensa que du milieu de ses branches son regard pourrait pénétrer dans le pavillon.
L’arbre était facile. D’ailleurs d’Artagnan avait vingt ans à peine, et par conséquent se souvenait de son métier d’écolier. En un instant il fut au milieu des branches, et par les vitres transparentes ses yeux plongèrent dans l’intérieur du pavillon.