— Non, sur mon honneur! s’écria le garde de Sa Majesté.

— Tu vas jurer sur ton honneur et moi sur ma parole et alors il y aura évidemment un de nous deux qui mentira. Tiens, faisons mieux, Montaran, prenons-en chacun la moitié.

— Du mouchoir?

— Oui.

— Parfaitement, s’écrièrent les deux autres gardes, le jugement du roi Salomon. Décidément, Aramis, tu es plein de sagesse.»

Les jeunes gens éclatèrent de rire, et comme on le pense bien, l’affaire n’eut pas d’autre suite. Au bout d’un instant, la conversation cessa, et les trois gardes et le mousquetaire, après s’être cordialement serré la main, tirèrent, les trois gardes de leur côté et Aramis du sien.

«Voilà le moment de faire ma paix avec ce galant homme», se dit à part lui d’Artagnan, qui s’était tenu un peu à l’écart pendant toute la dernière partie de cette conversation. Et, sur ce bon sentiment, se rapprochant d’Aramis, qui s’éloignait sans faire autrement attention à lui:

«Monsieur, lui dit-il, vous m’excuserez, je l’espère.

— Ah! monsieur, interrompit Aramis, permettez-moi de vous faire observer que vous n’avez point agi en cette circonstance comme un galant homme le devait faire.

— Quoi, monsieur! s’écria d’Artagnan, vous supposez…