— La belle mine que nous aurons sur des bidets, tandis qu’Aramis et Porthos caracoleront sur leurs chevaux!

— Aramis! Porthos! s’écria Athos, et il se mit à rire.

— Quoi? demanda d’Artagnan, qui ne comprenait rien à l’hilarité de son ami.

— Bien, bien, continuons, dit Athos.

— Ainsi, votre avis…?

— Est de prendre les cent pistoles, d’Artagnan; avec les cent pistoles nous allons festiner jusqu’à la fin du mois; nous avons essuyé des fatigues, voyez-vous, et il sera bon de nous reposer un peu.

— Me reposer! oh! non, Athos, aussitôt à Paris je me mets à la recherche de cette pauvre femme.

— Eh bien, croyez-vous que votre cheval vous sera aussi utile pour cela que de bons louis d’or? Prenez les cent pistoles, mon ami, prenez les cent pistoles.»

D’Artagnan n’avait besoin que d’une raison pour se rendre. Celle- là lui parut excellente. D’ailleurs, en résistant plus longtemps, il craignait de paraître égoïste aux yeux d’Athos; il acquiesça donc et choisit les cent pistoles, que l’Anglais lui compta sur- le-champ.

Puis l’on ne songea plus qu’à partir. La paix signée avec l’aubergiste, outre le vieux cheval d’Athos, coûta six pistoles; d’Artagnan et Athos prirent les chevaux de Planchet et de Grimaud, les deux valets se mirent en route à pied, portant les selles sur leurs têtes.