— Si vous êtes pressé, monsieur, dit d’Artagnan à Athos avec la même simplicité qu’un instant auparavant il lui avait proposé de remettre le duel à trois jours, si vous êtes pressé et qu’il vous plaise de m’expédier tout de suite, ne vous gênez pas, je vous en prie.
— Voilà encore un mot qui me plaît, dit Athos en faisant un gracieux signe de tête à d’Artagnan, il n’est point d’un homme sans cervelle, et il est à coup sûr d’un homme de coeur. Monsieur, j’aime les hommes de votre trempe, et je vois que si nous ne nous tuons pas l’un l’autre, j’aurai plus tard un vrai plaisir dans votre conversation. Attendons ces messieurs, je vous prie, j’ai tout le temps, et cela sera plus correct. Ah! en voici un, je crois.»
En effet, au bout de la rue de Vaugirard commençait à apparaître le gigantesque Porthos.
«Quoi! s’écria d’Artagnan, votre premier témoin est M. Porthos?
— Oui, cela vous contrarie-t-il?
— Non, aucunement.
— Et voici le second.»
D’Artagnan se retourna du côté indiqué par Athos, et reconnut Aramis.
«Quoi! s’écria-t-il d’un accent plus étonné que la première fois, votre second témoin est M. Aramis?
— Sans doute, ne savez-vous pas qu’on ne nous voit jamais l’un sans l’autre, et qu’on nous appelle, dans les mousquetaires et dans les gardes, à la cour et à la ville, Athos, Porthos et Aramis ou les trois inséparables? Après cela, comme vous arrivez de Dax ou de Pau…