Minuit sonna, et l’on entendit presque en même temps retentir la sonnette dans la chambre de Milady.

«Grand Dieu! s’écria Ketty, voici ma maîtresse qui m’appelle! Partez, partez vite!»

D’Artagnan se leva, prit son chapeau comme s’il avait l’intention d’obéir; puis, ouvrant vivement la porte d’une grande armoire au lieu d’ouvrir celle de l’escalier, il se blottit dedans au milieu des robes et des peignoirs de Milady.

«Que faites-vous donc?» s’écria Ketty.

D’Artagnan, qui d’avance avait pris la clef, s’enferma dans son armoire sans répondre.

«Eh bien, cria Milady d’une voix aigre, dormez-vous donc que vous ne venez pas quand je sonne?»

Et d’Artagnan entendit qu’on ouvrit violemment la porte de communication.

«Me voici, Milady, me voici», s’écria Ketty en s’élançant à la rencontre de sa maîtresse.

Toutes deux rentrèrent dans la chambre à coucher et comme la porte de communication resta ouverte, d’Artagnan put entendre quelque temps encore Milady gronder sa suivante, puis enfin elle s’apaisa, et la conversation tomba sur lui tandis que Ketty accommodait sa maîtresse.

«Eh bien, dit Milady, je n’ai pas vu notre Gascon ce soir?