— C’est-à-dire que je rends visite à une Anglaise, celle dont je vous ai parlé.
— Ah! oui, la femme blonde au sujet de laquelle je vous ai donné des conseils que naturellement vous vous êtes bien gardé de suivre.
— Je vous ai donné mes raisons.
— Oui; vous voyez là votre équipement, je crois, à ce que vous m’avez dit.
— Point du tout! j’ai acquis la certitude que cette femme était pour quelque chose dans l’enlèvement de Mme Bonacieux.
— Oui, et je comprends; pour retrouver une femme, vous faites la cour à une autre: c’est le chemin le plus long, mais le plus amusant.
D’Artagnan fut sur le point de tout raconter à Athos; mais un point l’arrêta: Athos était un gentilhomme sévère sur le point d’honneur, et il y avait, dans tout ce petit plan que notre amoureux avait arrêté à l’endroit de Milady, certaines choses qui, d’avance, il en était sûr, n’obtiendraient pas l’assentiment du puritain; il préféra donc garder le silence, et comme Athos était l’homme le moins curieux de la terre, les confidences de d’Artagnan en étaient restées là.
Nous quitterons donc les deux amis, qui n’avaient rien de bien important à se dire, pour suivre Aramis.
À cette nouvelle, que l’homme qui voulait lui parler arrivait de Tours, nous avons vu avec quelle rapidité le jeune homme avait suivi ou plutôt devancé Bazin; il ne fit donc qu’un saut de la rue Férou à la rue de Vaugirard.
En entrant chez lui, il trouva effectivement un homme de petite taille, aux yeux intelligents, mais couvert de haillons.