— Bah! dit Athos, Dieu est grand, comme disent les sectateurs de Mahomet, et l’avenir est dans ses mains.»
Puis, avalant le contenu de son verre, qu’il posa près de lui, Athos se leva nonchalamment, prit le premier fusil venu et s’approcha d’une meurtrière.
Porthos, Aramis et d’Artagnan en firent autant. Quant à Grimaud, il reçut l’ordre de se placer derrière les quatre amis afin de recharger les armes.
Au bout d’un instant on vit paraître la troupe; elle suivait une espèce de boyau de tranchée qui établissait une communication entre le bastion et la ville.
«Pardieu! dit Athos, c’est bien la peine de nous déranger pour une vingtaine de drôles armés de pioches, de hoyaux et de pelles! Grimaud n’aurait eu qu’à leur faire signe de s’en aller, et je suis convaincu qu’ils nous eussent laissés tranquilles.
— J’en doute, observa d’Artagnan, car ils avancent fort résolument de ce côté. D’ailleurs, il y a avec les travailleurs quatre soldats et un brigadier armés de mousquets.
— C’est qu’ils ne nous ont pas vus, reprit Athos.
— Ma foi! dit Aramis, j’avoue que j’ai répugnance à tirer sur ces pauvres diables de bourgeois.
— Mauvais prêtre, répondit Porthos, qui a pitié des hérétiques!
— En vérité, dit Athos, Aramis a raison, je vais les prévenir.