D’Artagnan tira son épée et s’élança vers la porte.
Mais cette fois, au lieu de fuir, l’inconnu s’élança à bas de son cheval, et s’avança à la rencontre de d’Artagnan.
«Ah! monsieur, dit le jeune homme, je vous rejoins donc enfin; cette fois vous ne m’échapperez pas.
— Ce n’est pas mon intention non plus, monsieur, car cette fois je vous cherchais; au nom du roi, je vous arrête et dis que vous ayez à me rendre votre épée, monsieur, et cela sans résistance; il y va de la tête, je vous en avertis.
— Qui êtes-vous donc? demanda d’Artagnan en baissant son épée, mais sans la rendre encore.
— Je suis le chevalier de Rochefort, répondit l’inconnu, l’écuyer de M. le cardinal de Richelieu, et j’ai ordre de vous ramener à Son Éminence.
— Nous retournons auprès de Son Éminence, monsieur le chevalier, dit Athos en s’avançant, et vous accepterez bien la parole de M. d’Artagnan, qu’il va se rendre en droite ligne à La Rochelle.
— Je dois le remettre entre les mains des gardes qui le ramèneront au camp.
— Nous lui en servirons, monsieur, sur notre parole de gentilshommes; mais sur notre parole de gentilshommes aussi, ajouta Athos en fronçant le sourcil, M. d’Artagnan ne nous quittera pas.»
Le chevalier de Rochefort jeta un coup d’oeil en arrière et vit que Porthos et Aramis s’étaient placés entre lui et la porte; il comprit qu’il était complètement à la merci de ces quatre hommes.