— C’est possible, monsieur. Je suis votre propriétaire.
— Ah! ah! fit d’Artagnan en se soulevant à demi et en saluant, vous êtes mon propriétaire?
— Oui, monsieur, oui. Et comme depuis trois mois que vous êtes chez moi, et que distrait sans doute par vos grandes occupations vous avez oublié de me payer mon loyer; comme, dis-je, je ne vous ai pas tourmenté un seul instant, j’ai pensé que vous auriez égard à ma délicatesse.
— Comment donc! mon cher monsieur Bonacieux, reprit d’Artagnan, croyez que je suis plein de reconnaissance pour un pareil procédé, et que, comme je vous l’ai dit, si je puis vous être bon à quelque chose…
— Je vous crois, monsieur, je vous crois, et comme j’allais vous le dire, foi de Bonacieux, j’ai confiance en vous.
— Achevez donc ce que vous avez commencé à me dire.»
Le bourgeois tira un papier de sa poche, et le présenta à d’Artagnan.
«Une lettre! fit le jeune homme.
— Que j’ai reçue ce matin.»
D’Artagnan l’ouvrit, et comme le jour commençait à baisser, il s’approcha de la fenêtre. Le bourgeois le suivit.