Mousqueton gardait le silence pendant les interrogations de Blaisois, mais il était facile de voir à l'expression de son visage que ce n'était point par indifférence.
Grimaud continua son calcul et posa son total.
— Porto, dit-il alors en étendant la main dans la direction du premier compartiment visité par d'Artagnan et lui en compagnie du patron.
— Comment! ces tonneaux que j'ai aperçus à travers la porte entr'ouverte?
— Porto, répéta Grimaud, qui recommença une nouvelle opération arithmétique.
— J'ai entendu dire, reprit Blaisois en s'adressant à Mousqueton, que le porto est un excellent vin d'Espagne.
— Excellent, dit Mousqueton en passant le bout de sa langue sur ses lèvres, excellent. Il y en a dans la cave de M. le baron de Bracieux.
— Si nous priions ces Anglais de nous en vendre une bouteille? demanda l'honnête Blaisois.
— Vendre! dit Mousqueton amené à ses anciens instincts de marauderie. On voit bien, jeune homme, que vous n'avez pas encore l'expérience des choses de la vie. Pourquoi donc acheter quand on peut prendre?
— Prendre, dit Blaisois, convoiter le bien du prochain! la chose est défendue, ce me semble.