— Certainement. Vous avez le corps couvert d'une couche de graisse qui le rend impénétrable à l'air. Il y a autre chose, parlez franchement.
— Eh bien, oui, monsieur, et c'est même cette couche de graisse, dont vous me glorifiez, qui m'épouvante, moi!
— Et pourquoi cela, Mouston? parlez hardiment, ces messieurs vous le permettent.
— Parce que, monsieur, je me rappelais que dans la bibliothèque du château de Bracieux il y a une foule de livres de voyages, et parmi ces livres de voyages ceux de Jean Mocquet, le fameux voyageur du roi Henri IV.
— Après?
— Eh bien! monsieur, dit Mousqueton, dans ces livres il est fort parlé d'aventures maritimes et d'événements semblables à celui qui nous menace en ce moment!
— Continuez, Mouston, dit Porthos, cette analogie est pleine d'intérêt.
— Eh bien, monsieur, en pareil cas, les voyageurs affamés, dit Jean Mocquet, ont l'habitude affreuse de se manger les uns les autres et de commencer par…
— Par le plus gras! s'écria d'Artagnan ne pouvant s'empêcher de rire, malgré la gravité de la situation.
— Oui, monsieur, répondit Mousqueton, un peu abasourdi de cette hilarité, et permettez-moi de vous dire que je ne vois pas ce qu'il peut y avoir de risible là-dedans.